Arpilleras, les tissus de la Résistance.

En ce moment à Nimes, l’exposition Urban Latin Arpilleras de Patrice Loubon, en découvrant cette exposition dans la presse j’ai eu envie d’en savoir plus sur les Arpilleras du Chili, symbole de la résistance des femmes contre le régime de Pinochet.

Vous trouvez donc, un petit résumé de ce que j’ai pu lire sur le net, et ce que j’ai pu trouver.

Vernissage Mercredi 23 Mars 2O11 dès 18h30
du 23/O3/2O11 au 23/O4/2O11
Renseignements: O6 6O 79 32 49

Milonga del Angel, 47, rue de l’Occitanie ,
Mas de ville,  3OOOO Nîmes

Par l’association le fils du Chanoine.

Aimé et respecté de son vivant, le Père Jarlan, abattu par les militaires de Pinochet, fera l’objet après sa disparition de nombreux hommages populaires et notamment d’une riche production de broderies à sa mémoire, les arpilleras.
Patrice Loubon en découvre l’existence au cours d’un stage de photographie qu’il initie à Santigo du Chili auprès de personnes rencontrées lors d’une première aventure photographique latino-américaine. Les arpilleras ont connu sous le régime dictatorial un développement sans précédent et une production « massive ». Les femmes chiliennes abordent des thématiques qui leur sont proches : disparition de parents, d’amis, difficulté de survivre, problèmes du quotidien… Le photographe est alors fasciné par la relation que ces personnes entretiennent – indirectement – avec son médium et commence à murir un projet qui prendra racine dans une période particulière de la production des arpilleras liée à la dictature… L’idée est de faire se confronter des images photographiques actuelles issues de la rue latino-américaine ( Santiago, Quito et Mexico) et ces oeuvres d’art populaires.
Patrice Loubon soumet alors aux brodeuses de El Monte une sélection de ses photographies et le travail de recréation commence. Reproduire l’image photographique est un véritable défi, les œuvres se construisent avec patience et invention selon des processus tous singuliers. Si parfois photo et arpillera se renvoient le réel de l’une à l’autre comme dans un jeu des sept différences, certaines, plus interprétées, cherchent à transcender le document et le réalisme photographique jusqu’à intégrer plusieurs images en une, marquant ainsi la volonté de faire discours.

Une première exposition de ce travail réalisé avec les brodeuses d’El Monte, a eu lieu du 28 octobre au 30 novembre 2008 dans le cadre du festival FOTOAMERICA au Centre culturel, l’Observatorio de Lastarria, Santiago du Chili.

Source Tango Nim A découvrir aussi sur le blog Arpilleras contemporaneas

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Que sont les Arpilleras :

Les arpilleras ou tableaux de la vie,

Les arpilleras ont été crées par les femmes chiliennes résistantes au régime de Pinochet après le coup d’Etat de 1973 au Chili. Les disparitions de leurs maris dans les rafles, les ont obligées à trouver du travail pour subvenir aux besoins de leurs familles, elles se sont mises à créer et à combattre avec les moyens dont elles disposaient, et avec ce qu’elles savaient faire c’est à dire la couture, elles ont créé des quilts brodés représentant leur vie quotidienne, et leurs angoisses face à l’avenir, ces quilts sont devenus un moyen d’expression, elles ont cousus :
– leur vie dans les quartiers défavorisés du Chili ;
– leur protestations contre les enlèvements de leurs proches par la junte militaire ;
– leur douleur et leur angoisse devant les exactions commises.

De nombreuses femmes se sont réunis pour créer des ateliers, et se sont fait appeler  les Arpilleristas cousant des arpilleras que l’on a si justement nommé les tissus de la résistance. Les arpilleras sont devenus les piliers de la résistance de ces femmes, le symbole de leur lutte silencieuse, l’expression de leurs terribles douleurs muettes et leurs cris de rage contre la dictature de Pinochet.

Les arpilleras sont souvent cousus dans les tissus des vêtements des disparus, victimes et martyres de la dictature, incorporants des photos, rendant les tapisseries encore plus réalistes, les arpilleristas utiliseront du matériel de récupération comme du papier aluminium ou des allumettes, créant une énorme réaction émotive pour le spectateurs de leurs oeuvres.

Les ateliers seront fermés en 1993, la Chili étant revenu à la démocratie en 1989.

A voir ici des Arpilleras sur ce blog

les Arpilleras sont entrés dans l’Histoire, celle d’un pays, celle d’une résistance, un art populaire qui par la force du désespoir est devenu un symbole artistique puissant.

La broderie de Basing House

 

 

Elle date du 17ème siècle, confectionnée en 1600/1665, , c’est une merveilleuse broderie en relief sur un satin de soie ivoire travaillée en trois dimensions, par piquage et rembourrage, les mains, les pieds et les visages sont en buis sculpté, les differents motifs proviennent de livres de broderies de l’époque. Elle représente un scène de la vie de Charles II et sa restauration sur le trône.

la devise que l’on peut lire Aymer et Loyaulté est la devise de la famille Paulet.

Pour en savoir plus c’est sur ce site. et sur celui ci

 

J’avais 6 ans et vous ?

C’est la nuit du 20 au 21 juillet 1969, nous sommes au cabanon, dans un petit village qui s’appelle les Goudes, un été comme les autres, pêche aux calambos et baignade. La télévision fonctionne sur la batterie de voiture. Mon père vient me réveiller en pleine nuit … ET …

« That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind « 

ce jour là, j’ai appris que tout était possible dans la vie. Merci Papa et merci monsieur Amstrong, pour cet instant magique, encore plus magique peut être à mes yeux d’enfant, et des années de jeux avec mes cousins, où il ne sera plus que question de LM, capsule, Houston, NASA  et Apollo.

Et vous, que faisiez vous dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?

Cabanon : pièce de 20 à 30 m2, souvent sans électricité, ni sanitaires, comportant quelquefois une mezzanine, habitation  (cabane) de pêcheurs au bord de la Méditerranée, veritable bouffée d’oxygène dans les années 60, loyer très très modéré, car sur le domaine public maritime, inabordable aujourd’hui, et envahi l’été par les touristes.

Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

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Concours pour l’exposition de Quilt en Beauce …

Lorsque j’ai reçu le paquet de Smaranda, contenant des batik de toute beauté, et des fils tortueux, je vous l’avoue, je vous le dis, je me suis mise à pleurer, en m’apitoyant sur mon sort, terrorisée à l’idée d’utiliser des couleurs, et en jurant au grand jamais que  jamais de ma vie  je n’arriverais à utiliser des couleurs pareilles, comme tout le monde le sait, j’ai un peu beaucoup  de problèmes d’adaptation avec les violets, les oranges, les fushia, et autres couleurs pétaradantes.

Ensuite, le thème n’était pas forcément pour moi, une évidence, tout ce que je me souvenais d’Ariane, c’était son fil rouge,  l’idiot qu’elle aimait, ce Thésée au gros biceps plus fou de son corps que de sa promise , qui avait réussi à la fâcher avec toute sa famille, fracassant dans  le labyrinthe  ce pauvre Minotaure, pas du tout content d’être  une manipulation génétique . Thésée un homme, un vrai qui pue des pieds, le séducteur  pathologique mythologique par excellence, qui utilise bonbonne pour jouer les héros et qui la plaque lamentablement juste après pour se tirer avec sa belle soeur Phédre . Ne trouvant comme excuse, pour avoir largué la pauvre Ariane sur sa plage, que les courants marins ce n’étaient pas son fort  et qu’il était meilleur guerrier, que marin.  Mais bon … Sans plus quoi … Juste un texte à éviter de lire, les jours d’engueulade avec son petit ami, son patron, son mari, son fils, son frère, son voisin (rayer la mention inutile) , pour ne pas faire monter la bouffaride envers la gente masculine, qui nous rejoue les mêmes scènes avec à peu près les mêmes tirades depuis des  millénaires. Et ils s’en sont tellement fiers, qu’ils l’écrivent, que se soit Homère, Ovide ou Plutarque.

(entre nous, nous sommes toutes aussi courges, car tout comme Ariane, quand un s’en va, on en reprend un autre …. )

Déjà la princesse qui donna à un ingrat un fil à ramasser avait pour son bonheur remplacé par Bacchus un époux parjure. Charmée de son nouvel hymen : « Qu’avais-je donc à pleurer, sotte que j’étais ! » dit-elle ; « c’est pour mon bien qu’il m’a trahie ». Je disais, il m’en souvient : « Parjure, perfide Thésée ! Il est parti, et Bacchus est pareillement coupable. Aujourd’hui encore je crierai : « Que nulle femme désormais ne se fie à une homme ! » Le nom seul a changé, mon malheur se répète. Ah ! si seulement mon destin avait suivi son cours, la première fois ! si, à cette heure, j’étais déjà morte ! Pourquoi m’as-tu sauvée, Liber, de la mort qui m’attendait sur une plage déserte ? J’aurais pu, une bonne fois, cesser de souffrir.

Alors j’ai fait mon fil d’Ariane, avec une Ariane bien seule malgré son fil, bien triste, et bien malheureuse, un Ariane qui attend …. un voilier qui n’a pas les bonnes voiles.

fildariane

Vous voulez savoir peut être les techniques ? Principe de base, un crazy, un peu de feutrage, de la peinture textile (pour Ariane), le texte d’ Ovide, Thésée prenant par les cornes ce pauvre Minotaure, et des perles,  des dentelles, des fils et des boutons,