Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

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Concours pour l’exposition de Quilt en Beauce … 

Lorsque j’ai reçu le paquet de Smaranda, contenant des batik de toute beauté, et des fils tortueux, je vous l’avoue, je vous le dis, je me suis mise à pleurer, en m’apitoyant sur mon sort, terrorisée à l’idée d’utiliser des couleurs, et en jurant au grand jamais que jamais de ma vie je n’arriverais à utiliser des couleurs pareilles, comme tout le monde le sait, j’ai un peu beaucoup de problèmes d’adaptation avec les violets, les oranges, les fushia, et autres couleurs pétaradantes. 

Ensuite, le thème n’était pas forcément pour moi, une évidence, tout ce que je me souvenais d’Ariane, c’était son fil rouge, l’idiot qu’elle aimait, ce Thésée au gros biceps plus fou de son corps que de sa promise , qui avait réussi à la fâcher avec toute sa famille, fracassant dans le labyrinthe ce pauvre Minotaure, pas du tout content d’être une manipulation génétique . Thésée un homme, un vrai qui pue des pieds, le séducteur pathologique mythologique par excellence, qui utilise bonbonne pour jouer les héros et qui la plaque lamentablement juste après pour se tirer avec sa belle soeur Phédre . Ne trouvant comme excuse, pour avoir largué la pauvre Ariane sur sa plage, que les courants marins ce n’étaient pas son fort et qu’il était meilleur guerrier, que marin. Mais bon … Sans plus quoi … Juste un texte à éviter de lire, les jours d’engueulade avec son petit ami, son patron, son mari, son fils, son frère, son voisin (rayer la mention inutile) , pour ne pas faire monter la bouffaride envers la gente masculine, qui nous rejoue les mêmes scènes avec à peu près les mêmes tirades depuis des millénaires. Et ils s’en sont tellement fiers, qu’ils l’écrivent, que se soit Homère, Ovide ou Plutarque. 

(entre nous, nous sommes toutes aussi courges, car tout comme Ariane, quand un s’en va, on en reprend un autre …. ) 

Déjà la princesse qui donna à un ingrat un fil à ramasser avait pour son bonheur remplacé par Bacchus un époux parjure. Charmée de son nouvel hymen : « Qu’avais-je donc à pleurer, sotte que j’étais ! » dit-elle ; « c’est pour mon bien qu’il m’a trahie ». Je disais, il m’en souvient : « Parjure, perfide Thésée ! Il est parti, et Bacchus est pareillement coupable. Aujourd’hui encore je crierai : « Que nulle femme désormais ne se fie à une homme ! » Le nom seul a changé, mon malheur se répète. Ah ! si seulement mon destin avait suivi son cours, la première fois ! si, à cette heure, j’étais déjà morte ! Pourquoi m’as-tu sauvée, Liber, de la mort qui m’attendait sur une plage déserte ? J’aurais pu, une bonne fois, cesser de souffrir. 

Alors j’ai fait mon fil d’Ariane, avec une Ariane bien seule malgré son fil, bien triste, et bien malheureuse, un Ariane qui attend …. un voilier qui n’a pas les bonnes voiles. 

fildariane 

Vous voulez savoir peut être les techniques ? Principe de base, un crazy, un peu de feutrage, de la peinture textile (pour Ariane), le texte d’ Ovide, Thésée prenant par les cornes ce pauvre Minotaure, et des perles, des dentelles, des fils et des boutons, 


Commentaire

Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée ! — Un commentaire

  1. Hello Nathalie,

    A l’inverse de vous j’adorrrrre les couleurs vives, qui pètent, crachent et jaillissent !

    Je trouve donc magnifique votre « fil d’Ariane
    de toute beauté… et le texte l’accompagnant m’a bcp plu…

    merci et Bravo !

    Violaine

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