Bétises embellies ;-)

Ceci n’est pas un article sur la culture musicale ;-)

C’était en 1986, j’avais une vingtaine d’année, et je lorgnais méchamment sur les vestes et manteaux de Sabine Paturel

Lors d’un interview, elle avait dit que c’était sa mère qui les cousaient … j’avais bien essayé de convaincre la mienne, subjuguée par le modèle, mais pas convaincue pour me la faire, mais mais pas du tout envie de customiser, la mother !!!!! Moi c’était comme toujours le temps qui me manquait ….

Et je continue à les aimer, au point de broder une veste en jean à ma fille, et ouiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!

Comme quoi on n’a rien inventé.

A découvrir en grand format ICI

Souvenirs souvenirs

Ce matin, je voguais de blog en blog, à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, enfin presque, il fait encore nuit à cette heure ci, et je me suis souvenue de mes cours de travaux manuels avec Soeur Claire Emmanuelle, (c’était aussi notre professeur de chant, et là c’était pas vraiment le top, de quoi faire trembler la Major, la Canebière et la Bonne Mère quand nous nous y mettions toutes), en 5ème, j’étais en classe dans une « prestigieuse » école qui s’appelait « l’Institution Prado Paradis Roucas, » hormis l’uniforme bleu marine, jupe plissée minimum 18 plis ou pantalon bleu marine, tablier de la Belle Jardinière, chemisier blanc ou clair, pull marin et catogan (que je crois n’avoir jamais vraiment quitté), à l’orée des années 70, Wood Stock ne nous avait pas vraiment atteintes, ni le Flowers Power, tout juste la guitare de Soeur Claire Emmanuel nous offrait un peu de gaité dans cette univers exclusivement féminin, et nous chantions à tue tête les vers de la chorale 75 (Allez vous en sur les les places et sur les parvis …..en autres), pour en revenir où j’en étais, Soeur Claire Emmanuelle, nous donnait donc le cours de travaux manuels, j’ai confectionné de mes malhabiles mains, une couverture de livre au crochet, une robe de bébé et la pochette ………. la fameuse pochette de rafia qui va plaire à Asphodèle, j’en suis sûre. Collectionneuse incorrigible de livres anciens et de poupées, j’ai découvert dans un ….. Ma Pochette, enfin celle de toutes les élèves de cinquième, la mienne était vert pale et blanche.

Extrait de « Ma Poupée » numéro 164 – Juillet 1922

Soeur Claire Emmanuelle, vous êtes certainement au Paradis à l’heure actuelle, vous aviez eu ma grand mère comme élève, mais je tiens à vous remercier, car 1922 ou pas, j’ai toujours adoré vos cours, même si la chorale ce n’était pas trop ma tasse de thé ……….. pas vraiment …

PS du Soir, je viens de relire cet article, et je me tord de rire, vous ne trouvez pas que ça fait très famille Duquesnoy ? La vie est un long fleuve tranquille …………. et bien c’est une des faces cachées de Mrs HydeJ’oscille sans cesse entre les Groseille et les Duquesnoy …. Finalement c’est génial d’avoir plusieurs vie en une, bonne nuit à tous.

Le jardin de ma grand mère

Ce matin, j’ai ouvert mon armoire, comme beaucoup de matin, à la recherche d’une serviette éponge, sèche et propre, et non pas une espèce de serpillière qui pendouille dans la salle de bains, après le passage de mes filles … Et … je suis tombée par hasard, par inadvertance, par erreur, (juste un petit acte manqué… ) sur un rideau, le rideau de pile comme on dit chez nous, le rideau pour la gatouillo, celui qui cache le dessous de l’évier, le rideau de mamie Toune, brodée au point d’araignée. Je ne l’ai jamais vu dans sa cuisine, je suis bien trop jeune pour celà, je suis arrivée avec l’avènenement du formica, et Mamie était résolument moderne. Rosy doit encore s’en souvenir. Ce rideau a illuminé, mon réveil, tout doucement dans l’aube noire et froide de ce matin d’hiver. Éclatant de mille fleurs au point d’araignée, brodé au DMC qui magie pour mes yeux d’enfant changait de couleur (variagated n’existait pas encore à son époque). Je me souviens du jour où elle me l’a donné avec un ensemble de cheminée brodé en bleu de petits oiseaux.

C’est étrange d’être tombé dessus, car je pensais très fort à elle hier soir, me posant des questions sur le pourquoi du comment m’aurait elle conseillé dans ma vie, aujourd’hui.

Elle me manque, et ces quelques fleurs m’ont rappelé sa présence à mes côtés comme à chaque instant, et à chaque fois que je prends une aiguille, un fil et un morceau de tissu.

Je crois ne l’avoir jamais vu broder, ni avec autre chose qu’un tricot à terminer, elle défaisait inlassablement des vieux pulls, et pour en retricoter d’autres … maniant deux ou quatre aiguilles en même temps, élaborant des point de dentelle d’une extrême difficulté, réminiscence d’une période de privation, d’un temps de guerre, où pour nourrir ses enfants pendant que mon grand père était au front, elle tricotait, reprisait ravaudait et faisait la lessive dans ce lavoir glacé pour les autres, en plus de sa journée de travail comme rédactrice dans un journal, rien ne se perdait tout se récupérait.

Je la vois encore me faisant les gros yeux lorsque je m’approchais de ses balles de laine, rondes dures et joufflues, si tentantes à mes jeux de petite fille. Ces pelotes qui par le mystère du détricotage, d’une laine frisée par le point mousse et le jersey, devenaient si rigides et si compactes.. Les jolies laines de mohair aux couleurs sorbet avec lesquelles elles nous tricotait de pull dentelle ne m’intéressaient pas. Je voulais les grosses balles rondes grises et beiges. J’ai encore quelques part, un chandail de tennis et des chaussons tricotés par elle pour mon bébé Michel de Mode et Travaux.

Et j’ai encore du mal à imaginer la jeune femme si élégante, dans ses tenues 1925 … celles qui avaient conquis le coeur de mon grand père.

Bien voilà comment quelques roses au point d’araignée vont renaître sous mes doigts et je transmettrai à mes filles, ce qui pour moi est … un peu de vie éternelle.

Bon si j’allais prendre ma douche ….

Quilt de passage de Frédérique

Suite à l’article de Nathalie sur les quilts de passage, je lui ai fait part de mon expérience sur ce sujet. Nathalie m’a proposé d’écrire cela sur ce blog.

Après quelques hésitations, dues à l’intimité que je dévoile mais parce que j’ai beaucoup d’estime pour ce blog, j’accepte, cela fait aussi partie du travail de deuil d’en parler.

Pour les 70 ans de ma Maman, j’avais fait un quilt avec tous les petits tabliers d’écoliers de ses enfants, nous étions 5. Elle avait beaucoup apprécié.

Quatre ans plus tard, elle nous laissait suite à une longue et douloureuse maladie.

En accord avec mes frères et soeur, nous l’avons mis sur elle au funérarium comme une couverture qui la protégerait. Pendant les inévitables visites de la famille, cela surprenait dans un premier temps puis, avec quelques explications, émouvait. Cela permettait aussi d’évoquer le passé avec un support.

Nous l’avons déposé dans son cercueil avec ce quilt, c’était rassurant.

J’aurai eu du mal à le garder et je n’aurai jamais pu le donner, je suis contente qu’il soit pour toujours avec elle.

Il ne me reste que les souvenirs, merci Maman, et la photo.

Frédérique

Marinette a deux ans …Une petite fille en robe rose

Marinette a deux ans, c’est en 1939, elle est avec sa grand mère. Marinette porte sa jolie robe rose cousue par sa marraine, Marinette a ouvert son armoire, et le livre de ses souvenirs d’enfance pour nous, et a sorti sa robe rose, chargée de tant d’amour. Une robe si moderne, si douce, si intemporelle que nous pourrions refaire la même presque 70 ans après, pour nos filles et nos petites filles.

Détail de la robe (devant)

Détail de la robe (dos)

La robe rose de Marinette

Marinette Quérole pour Histoires de Boites à Couture

Marinette est la fille de Catherine,
la petite brodeuse, dont nous vous avions montré les ouvrages,
en décembre 2005

Témoignage, cahier de racommodage de Mademoiselle Milani

Le stoppage
Au sujet du stoppage j’ai une question, si vous cliquez deux fois sur la photo, vous pourrez lire le texte du cahier. La question que je me pose, c’est : Est ce que l’on cousait vraiment avec ses cheveux ???? Ca va peut être faire rire les vrais couturières, mais moi je ne sais pas ce qu’est la couture cheveux. Alors si vous le savez, mettez un petit commentaire, juste pour moi, pour ma petite culture générale, s’il vous plait …..

Les encolures

Encolures avec biais

Encolures avec biais (suite)

Témoignage, cahier de racommodage de Mademoiselle Milani

Un trésor,un véritable trésor. Merci monsieur le brocanteur pour ce cadeau inestimable, vous ne vous en êtes peut être pas aperçu mais j’avais les larmes aux yeux lorsque vous m’avez donné ce cahier, un geste gratuit, un geste merveilleux. Ce cahier est le témoignage d’un temps, où coudre était un moyen de survie, un moyen de vivre, un moyen d’économiser, un moyen d’éléver ses enfants. Sans couture pas de salut possible. Merci encore.

La suite du cahier la semaine prochaine………

Pierrette Meynelly

Pierrette Meynelly

amish

Amish

C’est ma grand tante, elle a aujourd’hui 92 ans, pourquoi je vous parle d’elle ? Parce que c’est elle qui m’a contaminée avec le patchwork. Je voulais juste aujourd’hui vous montrer ses ouvrages, qui ont bercés une partie de ma vie de femme.

C’était en 1979, j’avais 16 ans, le patchwork était à ses balbutiements en France, je dormais chez tata Pierrette dans des couvertures en piqué marseillais, et je ne le savais pas, Sophie Campbell travaillait chez un antiquaire. Elsa devait naître et Pierrette était en train de confectionner son premier patchwork, un couvre lit de bébé, avec des vêtements découpés, achetés aux fripes sur le marché de Lunel, il n’est pas matelassé, car Pierrette ne savait qu’il fallait quilter un patchwork, et les magnifiques tissus spéciaux pour patchwork n’existaient pas encore, et internet non plus, même pas les téléphones portables.

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Le tout premier, les moulins d’Elsa 1979

J’adorais et j’adore encore être chez elle, je passais ma vie à fouiner dans des immenses malles débordantes de tissus, de rubans, de lacets, de fil à broder, de boutons anciens. La machine à coudre était toujours à poste sur la table du salon. Vêtements, sacs, étole, j’y ai appris à faire ma première chemise, dans une voile de coton, et mes premières coutures « lingerie ». La mode était au folklore, encore un peu baba cool, et tata brodait de magnifiques blouses roumaines, de fleurs multicolores. Elle nous confectionnait pour les fêtes des sacs entièrement fait de galons dorés, des étoles en velours, ou des pochettes origami en tissu. J’étais tombée dedans, irrémédiablement. Comme chez ma mère, les « 100 Idées » et « mon ouvrage et ma maison » trainaient dans tous les coins de la maison, et sans le savoir tout doucement nous nous acheminions vers l’intoxication textile, les expositions, les voyages, les nouveaux tissus, et les nouveaux matériaux. Tout en papotant, de romans ou de biographies qui ne parlent que de femmes de caractère d’Isabelle Eberhardt, l’amazone enigmatique, ou d’Alexandra David Neel, la femme aux semelles de vent, nous parlions de tous et de rien, de ses souvenirs qui me deviendront familiers, d’une miraculée à Lourdes, de nos ancètres ou du temps de l’usine de bonneterie.
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Classique revisité
Bien sûr, c’est sa soeur, ma grand mère qui m’a réellement appris à broder, mais elle est partie trop tôt, du haut de mes huit ans, je défaisais sans relache, mes points de noeuds, et mon pire cauchemar, le passé empiétant. Mes premiers livres créatifs, celui de la broderie lyonnaise, et ouvrages de petites filles et de grandes filles des 3 Suisses, je les ai toujours bien cachés au creux de l’atelier, et puis mon premier dé en argent pour ma communion et ma première paire de ciseaux cigogne.
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Log cabin façon Tata

Et on oublie, ses aiguilles au fond d’une boite en fer blanc, c’est l’heure des boums, des petits copains et des premières motos, c’est le moment des sauts en parachute, et des crapahutages, c’est le moment des grands accidents aussi, et d’une main droite broyée et oui, ne vous imaginez pas , la patcheuse et la brodeuse, comme des bobones à la maison, nous sommes les petites filles des suffragettes, et les filles du MLF, et tout doucement on réouvre la boite en fer blanc, comme un appel venu d’une autre vie, d’un autre temps, un appel irrepréhensible et on retrouve ses fils et quelques morceaux de tissus, comme de vieux copains.

Et toi ma grand tante, à 92 ans, je sais que tu sais encore défendre ta liberté et ton droit d’expression, par l’art textile peut être, mais toujours ce droit, ce droit unique que personne ne peut nous prendre, le droit d’être nous même et le droit à la culture.

Lire, travailler et créer sont les chemins de la liberté.

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Les autres ouvrages sont ICI

Avec un peu de retard, bon anniversaire Tata
Je sais que tu ne m’en voudras pas,
mon excuse c’est beaucoup de travail
e="color:#990000;">pour ma carrière,
alors j’ai mis un peu de côté les tissus,
mais rassures toi, pas pour longtemps.

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le tout dernier, le verger de Nicole

La couturière – Hommages discrets de grands hommes à de petites mains

Diego Velasquez – La couturière (1640 – 1650)

Eugeniusz Waniek – La couturière 1950

Paul Gauguin – La couturière

L’apprentisse couturière dessin de Bouchardon
gravure de Caylus 18ème siècle

Georges Joubin – La couturière 1928

William Adolphe Bouguereau – La couturière (1869)
« De la rue on entend… »
De la rue on entend sa plaintive chanson.
Pâle et rousse, le teint plein de taches de son,
Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre.
Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être,
Elle a son dé d’argent pour unique bijou.
Sa chambre est nue, avec des meubles d’acajou.
Elle gagne deux francs, fait de la lingerie
Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie.
Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai
Qui leur vaut son petit sourire fatigué.
(Recueil : Promenades et Intérieurs.)