Le tapis mendiant de la copine d'Isabelle

Pour l’exposition, Isabelle, mon amie de toujours, est arrivée avec un quilt trouvé par une amie à elle, au marché au puces de Toulon pour une dizaine d’euros, restauré ce quilt a été mis à l’honneur dans le hall des commerçants, car il le méritait bien. Madame Elisabeth Kouji, créatrice de Tokatapatch, m’a dit qu’elle pensait que c’était un tapis mendiant de La Réunion ou de l’Ile Maurice.

J’aime le nom de tapis mendiant, tapis mendiant parce qu’il fallait mendier des petits bouts de tissu pour créer son quilt.

Ce quilt est signé de Mami Pilar et daté du 23 décembre 1994, il est composé d’une multitude de Yoyo, alignés en diagonale de couleurs assortis, et le dos de chaque yoyo est doublé.

Je voulais mettre à l’honneur Mami Pilar que je ne connais pas, qui êtes vous Mami Pilar, où êtes vous, pour qui avez vous confectionné cette merveille ?

J’aime votre quilt, et j’ai envie de suivre votre route, de commencer moi aussi mon tapis mendiant, parce que chacun de vos yoyos ont un coeur.

Vous ne trouvez pas qu’un tapis mendiant celà ressemble à notre vie, un petit bout de chaque chose qui forme un tout ?, un tapis mendiant, c’est en Créole, un patchwork au vrai sens du terme, celui de l’esprit de récupération, tout simplement.

A tout hasard, quelqu’un sait comme on double les yoyos ?

C'était le bon temps …

Ma grande mère habitait dans mon petit village, à Saint Martin de la Brasque, au Sud du Luberon, c’était une formidable crocheteuse, granny square, napperon n’avait aucun secret pour elle, mes premières revues au crochet c’est chez elle que je les ai feuilletées. Merveilleux diagrammes ésotériques pour moi (qui le sont toujours d’ailleurs merveilleux et ésotériques).

Il y a de celà quelques heures, j’attendais tranquillement l’heure d’une réunion informelle pour la préparation de l’exposition des Aigu’illes en Luberon, et papotant avec une dame, élue du village, participante à la réunion, nous commençons à échanger nos souvenirs, à parler de Saint Martin du temps où nous étions petites, de sa maman de ma grand mère qui étaient presque de la même génération, de fil en aiguilles nous en venons bien entendu à parler des ouvrages de nos aïeules …
Et soudain elle me dit en éclatant de rire, chaque fois que je pense à ta grand mère, je pense à ma mère, ta grand mère crochetait un ouvrage et avait acheté son coton aux Trois Suisses, c’était à la fin des années 70, ma mère trouvant l’ouvrage magnifique, a fait sa commande aux Trois Suisses sur papier libre , ainsi formulée :
« Bonjour, ma voisine Madame Arzalier, a acheté du coton à crocheter chez vous, j’en voudrais 8 pelotes, exactement le même que le sien, s’il vous plait, c’est celui qui me convient pour l’ouvrage que je pense entreprendre … »
Et Madame Varaire, une semaine après recevait en contre remboursement, les huit pelotes désirées.
Si c’était pas le bon temps ça ….

C’était la séquence Nostalgie de la boite à couture, dit elle en se marrant encore …

Ton Altesse …

On peut porter un titre, avoir des ancêtres prestigieux, on peut être sans grade, avoir parmi ces arrières grands mères quelques tricoteuses acharnées, et être amies ….
c’est la force de l’humain

Alors cet article est pour toi ton Altesse,

le portefeuille brodé par Marie-Antoinette lors de sa captivité au Temple. Un trésor historique estimé entre 12 000 et 15 000 euros, accompagné d’un fac-similé de la dernière lettre de la Reine.

Ce portefeuille s’est vendu aux enchères
97 700 €

Si vous voulez lire les résultats de cette extraordinaire vente aux enchères de la
succession de feus Monseigneur le Comte de Paris et de
Madame la Comtesse de Paris
qui s’est déroulée en octobre 2008 chez Christies, c’est Ici

Je serais curieuse de savoir si c’est un musée, un particulier, un amoureux fou de Marie-Antoinette qui en a été acquéreur,

car je crois que l’émotion n’a pas de prix.

« Nous avons fait un beau rêve, voilà tout… »,

ces quelques mots écrits par Marie Antoinette dans une de ses dernières lettres était le fil conducteur d’une exposition que je n’ai pu voir au printemps dernier au Grand Palais sur cette dernière, vous pourrez lire un bien bel article à ce sujet.

L’histoire nous a toujours représenté la reine comme une ravissante idiote , de nos années d’école nous ne retenons, que ces mots là « donnez leur de la brioche …. »
une bien triste image du potentiel intellectuel d’une reine.

mais est ce réellement ce qu’elle était …

Le saura-t-on un jour ?

« O Ghel an Heu »,

En celte « que le blé germe », (tiens ca me fait penser à notre Sainte Barbe) incantations prononcées par les druides vêtus de blanc lorsqu’ils coupaient le gui sacré sur les chênes, au solstice d’hiver, et tendaient les branches ainsi coupées en gage de prospérité.

La locution se déformant au fil des siècles devient au Moyen Âge « Au gui l’an neuf », et toute la marmaille partait de par les ruelles, crier « Au gui l’an neuf » dans chaque maison, pour récuperérer quelques oboles.

Comme toujours l’Église voulant s’approprier cette fête païenne, cette petite phrase fut remplacée par « Bon an, mal an, Dieu soit céant  » vers 1600. Il fallait bien que le Bon Dieu y soit pour quelque chose.

Tout ça pour vous dire, que le gui porte chance (Bon Heur (chance)), le porter séché et pulvérisé dans un sachet autour du cou, vous protégera des maléfices de Morgane.

Allons cueillir le gui, c’est pour demain,
et brodons nos sachets à amulettes ……. on ne sait jamais ça peut servir …..

patron pour Amulet Purse en perle, cliquer sur la photo

Dream Weawer Bead

Vous aimez ? Cliquez ici add page

Ca c’est un petit essai, je ne sais pas à quoi ça sert mais je copie Cristalline, alors vous sauvegardez et vous votez pour les articles qui vous intéresse ….. je pense que ça va vite ressembler à une obligation que je vais vite évincer … On tente ?

Dentelle de Calais – Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais

Extrait du site « Bourse d’étude 2008 – 2009 » sur la dentelle de Calais proposé par la ville de Calais et la Cité internationale de la mode et de la dentelle de Calais
qui a ouvert ses portes en 2008.

Un sublime livre à feuilleter en ligne, « Le manuel de la dentellière« 

« Calais, aux racines de la révolution industrielle
La dentelle de Calais est mondialement connue, pourtant, les raisons de ce succès sont peu évidentes ; il ne s’agit pas d’un savant point de dentelle, comme celui d’Alençon, mais d’un mode de fabrication qui fut implanté là pour la première fois en France, au tout début de la révolution industrielle : la dentelle mécanique, fabriquée notamment sur les métiers Leavers, en rupture avec la traditionnelle dentelle à la main.

Rupture est sans doute le terme qui caractérise le mieux l’histoire du développement de la dentelle à Calais : l’arrivée soudaine des Anglais, porteurs de l’innovation, traditionnellement fixée vers 1816-17, engendra au milieu du XIXe s. un nouveau tissu économique, avec de nouveaux investisseurs et, au départ, leur propre main-d’œuvre. La dimension sociale subit de profondes mutations : émergence de professions inconnues, nouvelle classe ouvrière, mouvements migratoires… Subséquemment, la physionomie de l’agglomération se trouva considérablement modifiée ; jusqu’en 1850, l’activité dentellière s’installa partout dans Calais et dans la campagne calaisienne et audomaroise, puis le jeune et dynamique faubourg de Saint-Pierre-les-Calais, où alla progressivement s’installer la majeure partie des usines de textile, prit l’ascendant.

En près d’un siècle, jusqu’à la Première Guerre mondiale, les changements furent profonds, inattendus et d’une ampleur exceptionnelle pour la ville. Ils s’accomplissaient parallèlement à la mutation de la société française, sous l’effet de la révolution industrielle : production en grande série, apparition de nouveaux marchés tant dans la nature diversifiée des produits que dans l’abondance et le renouvellement… Le textile et l’habillement en particulier ne firent pas exception ; ils constituent aujourd’hui des marqueurs particulièrement pertinents de l’évolution des modes de vie. La dentelle mécanique eut une place évidente dans le développement du marché du luxe et demi-luxe, dans la construction du phénomène de « mode ».

Au XXe siècle, les mutations changèrent de nature : les périodes de l’entre-deux-guerres et des « Trente glorieuses » profitèrent à Calais, comme au reste de l’économie française, mais guerres et crises économiques eurent des répercussions dramatiques sur l’économie textile calaisienne. Enfin, dans ce second siècle d’activité dentellière, la question du devenir, dans un contexte de mondialisation et de désindustrialisation, ne saurait être évitée. Il appartient à l’historien, à l’économiste ou au gestionnaire de regarder comment les entreprises se sont adaptées aux changements successifs, et quels en sont aujourd’hui les atouts et/ou les faiblesses.

Le troisième siècle de la dentelle mécanique calaisienne s’ouvrira à partir de 2016-17, dominé par les problématiques du développement durable, qu’il soit économique, social, environnemental ou culturel1. La cité internationale de la dentelle et de la mode, en partenariat avec les entreprises et les chercheurs en sciences humaines et sociales, sera au cœur de ce changement, afin de recueillir, conserver, étudier et transmettre cette mémoire aux générations futures.

Calais offre un exemple de développement original en comparaison avec les autres villes textiles du Nord–Pas-de-Calais ; cette différence a largement contribué à façonner une culture et une identité spécifiques, toujours perceptibles aujourd’hui. L’histoire de cette cité et de son industrie de la dentelle y constitue un vaste champ d’études encore peu exploité. Les recherches à mener concernent les époques médiévale, moderne et contemporaine. Néanmoins, du XVIIIe au XXe siècle, d’importantes lacunes restent à combler et qui intéressent directement la structure muséale. Nous avons choisi, pour ce premier programme quadriennal, de dégager quelques grands thèmes de recherche fédérateurs pour l’ensemble des périodes.
Cette histoire commence, comme dans beaucoup d’autres villes françaises et européennes, avec les dentellières à main. La dentelle contribue déjà à un renouveau vestimentaire mis en évidence par les historiens2. Cette période mérite attention pour éclairer les conditions du glissement d’une technique vers l’autre et l’évolution des marchés entre ces deux moments techniques. L’apparition des premiers métiers mécaniques à Calais est datée de 1816-1817, années où les entrepreneurs/mécaniciens anglais traversèrent la Manche en fraude et réussirent à s’établir sur le continent. Cette initiative constitue le point de départ du développement de la dentelle mécanique à Calais et dans son agglomération. Les acteurs du développement de cette industrie sont légitimement au cœur des travaux de recherches à mener : industriels, ouvriers, banquiers, commissionnaires, contrebandiers… Tous sont en relation avec le monde de la dentelle.
L’histoire de l’innovation dans la technique de fabrication de la dentelle mécanique ne semble pas avoir pas fait l’objet d’études systématiques en France, qu’il s’agisse des premiers métiers Leavers ou des améliorations successives liées à l’usage de l’énergie motrice ou de nouvelles matières à filer, par exemple. Si la supériorité technique anglaise s’affirme au début de la période, cela reste à démontrer pour les époques suivantes.

L’histoire économique constitue le deuxième champ de réflexion ; les sujets proposés sont variés : études de secteurs, monographies d’entrepreneurs et d’entreprises, histoire comparée… ou encore les marchés, l’organisation commerciale, la rivalité commerciale forte entre Anglais et Calaisiens, dont les maisons de négoce deviennent progressivement très puissantes.
Le troisième thème s’articule autour des aspects sociaux, essentiels à la compréhension du monde des entreprises calaisiennes : activité syndicale, métiers, formation, migrations… biographies à renouveler des figures emblématiques de la vie calaisienne dont on ne sait aujourd’hui que fort peu de choses. »

Echantillons de dentelles des Etablissements Noyon

Les fabricants

Et la dentelle sauva l’Irlande ….

William Adolphe Bouguereau, la petite fille au crochet – 1905

La dentelle d’Irlande

La dentelle d’Irlande se joue du contraste entre les motifs en relief et épais et le filet fin sur lesquels ils sont crochetés.

Inspirée des dentelles italiennes et espagnoles à l’aiguille de la fin du XVII ème siècle, la dentelle d’Irlande se devait de faire concurrence (dans les années 1840) aux précieuses et coûteuses dentelles aux fuseaux.

Les motifs évoluèrent, et la pure imitation devint un art à part entière, reflétant une culture irlandaise, on retrouvera les roses et les trèfles, la rose à cinq pétales symbolisant les cinq plaies du Christ, le trèfle de Saint Patrick servant à illustrer le mystère de la Trinité.

Mademoiselle Riego de la Branchardière revendiqua l’honneur d’avoir personnellement inventé cette technique. Elle était née en Angleterre d’une mère irlandaise et d’un père français, famille émigrée en Angleterre depuis 1789. Elle publia entre 1848 et 1887, plus d’une centaine de brochures destinée aux travaux d’aiguille. Mademoiselle Riégo de la Branchardière avait surtout une immense connaissance des techniques anciennes, et s’était beaucoup inspiré des travaux anciens et ceux d’autres dames bien moins érudites qu’elle, et elle avait ce que beaucoup lui enviaient, l’intuition de savoir ce qui serait dans l’air du temps

Pendant la grande famine (1845-1850) – je ne vais pas vous refaire l’histoire de l’Irlande, quand même ….- . La dentelle au crochet sauva l’Irlande, et la vie de nombreuses personnes. Elle permis à grand nombre d’entre eux de pouvoir émigrer, et de nourrir leur famille.

Les religieuses lancèrent une immense opération, aidées par les dames de classes aisées. Elles enseignèrent le crochet aux familles les plus démunies (hommes, femmes,enfants …) et trouvèrent des commanditaires, fournissant le coton et les crochets, et écoulant les ouvrages. Outres les religieuses, les dames de la bonne société s’organisèrent, remplissant granges et maisons bourgeoises d’élèves apprenant le crochet, parmi elles, Suzanne Meredith fondatrice à Cork de l’école « Adélaïde« , ou Madame Hands développant ainsi dans le Nord de l’Irlandeune importante industrie.

Bon marché, facilement lavable, le crochet et le coton envahirent toutes les maisons, même les pires masures, les travaux étaient de toutes beautés. Les gens crochetaient devant leur maison assis sur un talus ou un muret. Les personnes se spécialisaient dans un motif et donnaient les autres motifs à crocheter à d’autres.

Le succès fut immense, de 1880 jusqu’en 1910, la dentelle d’Irlande fut exportée partout dans le monde, le grand couturier parisien Paquin utilisa la dentelle d’Irlande dans ses modèles, l’Art Nouveau s’y prêtant fortement à la luxuriance des motifs.

La production gagna l’Autriche, l’Allemagne, l’Est de la France, et même l’Italie d’où elle s’était inspirée.

Le déclin eut lieu dans les années 20, la concurrence de la dentelle mécanique, l’essor des métiers industriels devint trop forte.

Sources :

Fait main 1989
Irish Lace Museum
Collection de textile ancien ICI et ICI, à voir absolument, des merveilles.

Liberty liberty chéri …..

Et Jean Bousquet créa Cacharel, c’était en 1962, empruntant ainsi son nom à un canard de Camargue. Fils d’un marchand de machine à coudre, Jean Bousquet ménera paralellement une carrière politique en s’asseyant dans le fauteuil du maire de Nîmes de 1983 à 1995.
20 ans de collaboration avec Sarah Moon, ancien mannequin et photographe de génie, pour ses campagnes publicitaires feront de Cacharel, bien plus qu’une simple marque, un style, un mode de vie.

Cacharel (Automne/Hiver 1973-1974), photos Sarah Moon

Le liberty indissociable de Cacharel a été crée par Sir Arthur Lasenby Liberty (13 août 1843 – 11 Mai 1917) . Il était un marchand de Londres. Fils d’un drapier, il commence à travailler à seize ans avec son oncle en vendant de la dentelle. En 1859, il est apprenti chez un drapier, son ambition et ses qualités professionnelles aidant il devient vite gestionnaire de l’entrepot. Après que Farmer et Rogers aient refusé de faire de lui un partenaire dans leur entreprise, en 1875, il ouvre son propre magasin, Liberty & Co. à Londres. Là il importe des tissus et des objets d’art d’Extrême-Orient. Liberty & Co ressemblant plus à ses débuts à un bizarre bazar qu’à une boutique de luxe, puis son créateur a l’idée de se calquer sur l’Art Nouveau, alors naissant. La société devient synomyne de ce style. Elle acquiert ses lettres de noblesse, en n’offrant plus que des tissus, mais des soies et des satin, de factures exceptionnelles, tant par leurs qualités, leurs design et leurs coloris, et plus tard bien sûr les petites fleurettes, très enfantines, très roses qui font encore la joie des jeunes mamans.

Cacharel revisite le liberty pour sa collection printemps-été 2009, un merveille pour les nostalgiques des années collège, et les inconditionnelles des seventie’s.

Photo Sarah Moon – Campagne de publicité Cacharel

Une exposition retraçant la carrière de Sarah Moon a lieu actuellement à la Galerie Camera Obscura 268 boulevard Raspail à Paris du 23 octobre au 6 décembre. (Une autre exposition a lieu actuellement à Londres à la Michael Hoppen Galery jusqu’au 15 novembre).

J'ai trouvé …. Carpet Bag suite ….

Ca fait quand même plusieurs jours, depuis jeudi pour être exacte, date à laquelle nous avons eu une grande discussion sur le sac de Miss Marple, que je préparais l’article sur les Carpet Bag, en essayant de vous trouver un patron, plus ou moins d’époque. Le nez sur mon écran, aveuglée par le progrès, en étant pourtant persuadée que j’avais déjà vu ça quelques part, et d’un coup d’un seul la révélation. Comme vous ne le savez peut être pas, je suis une passionnée de poupées anciennes, et qui dit poupées anciennes, dit Bleuette ……. vous voyez où je veux en venir ? Et oui je me suis ruée sur mes Semaines de Suzette engragées depuis des lustres, au fond de l’atelier et voilà, le Carpet Bag de Bleuette, ils ne nous restent plus qu’à le redimensionner à nos mesures … Ben voilà, je suis contente de moi ;-) . J’espère que le patron, les explications et la photo sont assez claires.

Edito : Je revendique l’idée d’en faire un tout petit en broderie rubans …. avant que l’idée ne me passe sous le nez ;-) ……

The Carpet Bag – Etes vous Miss Marple ou Mary Poppins ?

L’irrésistible Carpet Bag
ou le sac du pauvre,
un peu d’histoire, vous voulez bien ?

Avec, l’expansion rapide des chemins de fer dans les années 1840, les voyageurs de toutes classes sociales furent nombreux, il y avait donc une urgence à créer des sacs de voyages bon marché, loin des malles cabines des passagers de l’Orient Express (d’accord l’Orient Express c’est en 1883, mais je ne trouve plus les noms des paquebots). Des milliers de Carpet bags ont été ainsi fabriqués avec de vieux tapis d’Orient de récupération, un peu de travail de sellerie pour les anses, ils existaient dans toutes les tailles, peu onéreux, ils étaient vendus entre 1 et 2 dollars pièce.

Dans les années 1860, des centaines de Carpet Bag ont voyagé au bras d’hommes et de femmes de classe moyenne, ils furent en fait les premières valises produites en grand nombre, en Europe et aux Etats Unis.
Aux Etats Unis, pendant la guerre civile américaine (la guerre de Sécession – 1861-1865) et jusqu’en 1870, les Carpet Bag permirent d’identifier les voyageurs ou plutôt les étrangers.

C’est durant, la période de reconstruction, alors qu’il était possible d’acheter une exploitation agricole dans le Sud pour 25 dollars qu’apparut le terme de Carpetbagger. Ces opportunités de faire fortune attirèrent beaucoup de voyageurs pauvres qui oeuvrèrent à remonter le pays, d’autres peu scrupuleux, et des aventuriers de toutes sortes venant du Nord (Yankees), vu comme des occupants par les Sudistes. Parmi d’honnêtes travailleurs peu fortunés et plein d’espoirs, il y avait aussi des artistes, des escrocs, des politiciens véreux, des magouilleurs en tout genre toujours identifiés et catalogués dès leur descente du train ou de la diligence par leur Carpet Bag, ils furent appelés péjorativement par les Sudistes convaincus « les Carpetbagger », terme peu glorieux, et qui restera une insulte durant des années, vis a vis des blancs du Nord, faisant alliance avec des esclaves affranchis ou des hommes étrangers au Sud, prêt à tout pour le pouvoir.

Aujourd’hui pour le dictionnaire, le terme de Carpet Bagger désigne un «outsider de la politique », ou plutôt un homme venu d’ailleurs s’installant dans une ville ou village et désirant s’attirer les bonnes grâces d’une population en briguant des postes à responsabilités dans l’administration politique, sans aucune autre intention que sa propre ambition à accéder au pouvoir et à l’argent.

Tout cela pour vous dire que les Carpet bags sont toujours fabriqués, non plus avec de vieux tapis, et leur prix a largement dépassé le 1 dollar symbolique, en voici un, il vous suffit de cliquer sur la photo pour découvrir les prix et la collection, quand on pense que c’était les sacs des emmigrés ….

J’adore quand Miss Marple sort son tricot du sac,

et les pouvoirs magiques de celui de Mary Poppins.

Mais j’y pense, je dois bien avoir un vieux Kilim qui traîne quelque part ….

merci Chantal pour ce cours magistral sur les Carpet Bag,
j’adore apprendre des choses comme ça.

La Corporation des Brodeurs

J’allais vous faire un nouvel article sur les brodeurs de lumière, quand orientant mes recherches sur les brodeurs, j’ai découvert un article sur le site France Pittoresque dans la rubrique des vieux métiers que je vous le retranscris ci après,

A découvir aussi à lire en vieux français et c’est ce qui en fait tout son charme, Les reglemens sur les arts et métiers de Paris rédigé au XIII ème siècle et connu sous le nom du Livre des métiers d’Etienne Boileau, brodeurs et des faiseuses d’aumonières sarrazinoises … à lire et à relire …
LES BRODEURS
(D’après un article paru au XIXe siècle)

Il n’est peut-être pas de métier dont l’histoire, en Occident surtout, ait été plus intimement liée à celle de la peinture. Si la broderie est tombée en décadence de nos jours, et même dès la fin du seizième siècle, il ne faut pas oublier que, pendant longtemps, les peintres furent les auxiliaires des brodeurs : ceux-ci peignaient avec leurs aiguilles les compositions que les peintres avaient d’abord ébauchées au moyen de leurs pinceaux et dont ils avaient fait les cartons.

C’était un métier difficile. « Dans tout le moyen âge, dit de Laborde, et jusqu’à la fin du seizième siècle, broder était un art, une branche sérieuse, estimable, de la peinture. L’aiguille, véritable pinceau, se promenait sur la toile et laissait derrière elle le fil teint en guise de couleur, produisant une peinture d’un ton soyeux et d’une touche ingénieuse. »
S’il faut en croire les chansons de gestes, on faisait même des portraits brodés :

… La mescine
Ouvroit ès cambre
la roine
Un confanon avoec le roi,
U el paignoit et lui et soi,
dit le roman de Flore et Blanceflor.


Dans plus d’un inventaire de trésor du moyen âge se trouvent mentionnés des portraits en broderie.
La broderie semble être toujours demeurée le passe-temps des grandes :Catherine de Médicis brodait, et Ronsard,dans son ode à la reine de Navarre, lui dit, en parlant de Minerve :

Elle addonoit son courage
A faire maint bel ouvrage
Dessur la toile, et encor
A joindre la soye et l’or.
Vous, d’un pareil exercice,
Mariez par artifice
Dessur la toile en maint trait
L’or et la soye en pourtrait.

Il est à peine utile de rappeler que la fameuse tapisserie de Bayeux, qui représente les hauts faits de Guillaume le Conquérant , passe pour être l’ouvrage de la reine Mathilde ; et, bien que le fait ne soit pas absolument prouvé, il n’y aurait pas lieu d’en être surpris.

Il serait trop long d’énumérer les spécimens de broderies qui sont parvenus jusqu’à nous. Citons en première ligne les ornements épiscopaux de Thomas Becket, conservés aujourd’hui à la cathédrale de Sens, et que la gravure a souvent reproduits ; mentionnons encore les ornements de la chapelle de Charles le Téméraire, aujourd’hui à Berne.

Au dix-septième siècle, Alexandre Paynet, brodeur du roi Louis XIII, exécuta de magnifiques ornements que ce prince avait l’intention d’offrir au saint sépulcre de Jérusalem. Mais ce serait une grande entreprise que de vouloir indiquer tous les fragments d’étoffes brodées qui se trouvent encore aujourd’hui soit dans les trésors des églises, soit dans les bibliothèques, où souvent ils ont servi de couverture à des manuscrits.

La corporation des brodeurs et brodeuses reçut d’Etienne Boileau ses premiers statuts vers la fin du treizième siècle, en même temps que celle des « faiseuses d’aumosnières sarrazinoises », dont le métier ne différait qu’en ce qu’il s’appliquait à de plus petits objets. Dans ces statuts, on énumère les brodeurs et brodeuses qui se trouvaient alors à Paris, et il est à remarquer que plusieurs de ces dernières avaient pour maris des enlumineurs : on observe le même fait en 1316, date à laquelle la corporation eut de nouveaux statuts. Cette association d’enlumineurs et de brodeuses ne fut pas sans doute fortuite, et on peut croire que ces deux métiers ne pouvaient guère subsister l’un sans l’autre, le peintre créant les motifs que la brodeuse exécutait ensuite avec l’aiguille.

En Italie, de grands peintres ne dédaignèrent pas de faire des cartons pour des broderies : Antonio Pollajolo dessina pour Saint-Jean de Florence des ornements magnifiques, qui furent exécutés par des brodeuses ; bien d’autres s’associèrent à de semblables travaux.

Les règlements qui régissaient le métier des brodeurs à l’époque d’Etienne Boileau n’étaient pas fort nombreux ; ils concernaient les conditions d’apprentissage et la direction de la corporation par quatre prud’hommes ; quelques dispositions, enfin, déterminaient quand et comment on devait travailler :

« Nuls ne nule ne pourra ouvrer ou dit mestier de nuiz fors tant come la lueur du jour durra tant seulement ; car l’œuvre fete de nuiz ne peut estre si bone ne si souffisante come l’œuvre fete de jour. »

Fragment d’une broderie de la fin du quinzièmeou du commencement du seizième siècle.D’après une couverture de livre des Gestes de Blanche de Castille, reine de France.
L’apprentissage durait huit ans, et chaque maître ou maîtresse ne pouvait avoir qu’un apprenti ou une « apprentice » à la fois. Ce long apprentissage assurait la transmission d’ouvrier en ouvrier de tous les procédés de l’art. Les statuts des « faiseuses d’aumosnières sarrazinoises » étaient à peu près semblables.

Le métier se maintint très florissant jusqu’au dix-septième siècle ; puis vinrent plusieurs ordonnances qui défendirent l’abus des broderies et des ornements d’or dans le costume, et force fut aux brodeurs-chasubliers (c’est le nom que leur donnent les statuts de 1648) de se consacrer presque exclusivement à la confection des chasubles et des autres ornements religieux. A part ces travaux, on ne broda plus guère que des étoffes légères ; on employa plus rarement la soie et l’or.

Le nombre des maîtres fut limité à douze cents par les statuts de 1648 ; mais cette disposition ne fut jamais rigoureusement observée, bien que le nombre dût être forcément assez restreint, puisqu’on n’admettait à l’apprentissage que des fils de maître ou de compagnon et que chaque maître ne pouvait avoir qu’un apprenti. L’apprentissage durait six ans, et l’on n’était reçu maître qu’à condition d’ouvrir boutique et qu’après avoir été compagnon pendant trois ans. Le chef-d’œuvre, apprécié par les jurés visiteurs, était obligatoire ; seuls, les fils de maître étaient exempts de quelques-unes de ces formalités. On ne pouvait parvenir à la maîtrise avant l’âge de vingt ans.

Aucun maître ne pouvait s’associer avec un compagnon. Distingués en jeunes, modernes ou anciens, suivant qu’ils comptaient dix, vingt ou trente ans de réception, les maîtres devaient assister, au moins au nombre de trente, aux assemblées générales pour que les délibérations fussent valables.

Dans leurs broderies, les ouvriers du dix-septième et du dix-huitième siècle, cherchaient surtout à imiter les dentelles les plus renommées, telles que le point de Hongrie et la dentelle de Saxe. Exécutée tantôt à la main, tantôt au métier, la première, d’une ex
écution plus longue et plus difficile, fut toujours préférée.

Voici les termes qui, au dix-huitième siècle, désignaient les genres de broderie les plus usités :

broderie « à deux endroits » ou broderie « passée », travail qui produisait un dessin exactement semblable sur les deux faces de l’étoffe ;
broderie « appliquée », exécutée sur de la grosse toile, que l’on découpait ensuite pour la coudre sur une autre étoffe ;
broderie « en couchure » ou broderie d’or et d’argent : les mêmes matières servaient aussi à la broderie « en guipure » ; mais, pour exécuter celle-ci, on commençait par dessiner sur l’étoffe même, puis on découpait du vélin en suivant les formes du dessin, et l’on cousait ensuite par-dessus l’or avec de la soie.
broderie « plate », garnie de paillettes, et broderie en chenilles de soie, usitée surtout pour les ornements sacerdotaux.

Tels étaient les principaux genres de broderies que l’on exécutait lors de la suppression de la corporation. Si, au point de vue des procédés et de l’habileté de la main-d’œuvre, les brodeurs avaient fait des progrès, un examen même peu attentif de leurs productions montre dans quel état d’infériorité ils se trouvaient vis-à-vis de leurs prédécesseurs : la broderie n’était plus un art, mais un métier.

Paire d’Orfrois avec figure masculine
31 x 17,4 cm (encadré 40 x 28 cm)
Angleterre, fin XVe siècle ou début XVIe siècle
Toile brodée et appliquée, soie, lin, fils d’or et d’argent
Partie d’un plus grand orfroi, il est plausible que les
deux figures représentées ici soient en fait les
commanditaires de l’ouvrage, vêtues en costume de
l’époque et portant des bourses. Les travaux d’aiguille
et la broderie anglaise doivent beaucoup au
savoir-faire des femmes.

Issus du document « Les Enluminures.Com, la femme dans l’art au Moyen Age« 

A lire aussi, « La broderie de soie » sur le site du « Ver à Soie« 

Embroidering Our Heritage – The Dinner Party Needlework

The Dinner Party est une oeuvre magistrale de Judy Chicago, artiste féministe et active des années soixante, cette oeuvre grandiose est la représentation d’un banquet de Titans, mais ces titans là sont féminins.

39 femmes sont conviées à ce banquet, 39 femmes oubliées par l’Histoire. Une cérémonie orchestrée en triangle (symbole de dieu, du sabbat, de la femme ?)
39 nappes brodées, quiltés, cousues,
39 assiettes de céramique représentant le sexe de la femme, une vulve;
999 noms de femmes exclus de l’histoire des hommes, pavant le sol.
6 années de travail pour préparer cette exposition qui s’est tenue de 1974 à 1979,
Des centaines de bénévoles.

L’exposition a voyagé de part le monde, j’ai eu la chance de rencontrer une dame qui m’a prêté le catalogue de l’exposition de Londres, en 1984. Exposition qui lui a laissé un souvenir inextricable de sa mémoire.

Aucun ouvrage français sur cette oeuvre ne m’est connu. Je ne sais pas si l’exposition est venue en France, mais je sais que si un jour, ma route me mène à Brooklyn, je m’inviterai au banquet de ces dames . Après avoir voyagé, cette oeuvre gigantesque s’installe définitivement au Brooklyn Museum grâce à la générosité d’Elizabeth A. Sackler Foundation, qui a créé en 2007 un centre d’art féministe, the Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art.

Je vous laisse découvrir les photos d’une visiteuse anonyme de cette exposition, et le texte d’une critique canadienne, Monique Brunet , invitée au vernissage de l’exposition au Musée des Beaux Art de Montréal, à couper le souffle.

Les convives :

Wing I: From Prehistory to the Roman Empire
1. Primordial Goddess
2. Fertility goddess
3. Ishtar
4. Kali
5. Snake Goddess
6. Sophia
7. Amazon
8. Hatshepsut
9. Judith
10. Sappho
11. Aspasia
12. Boudica
13. Hypatia
Wing II: From the Beginnings of Christianity to the Reformation
14. Marcella
15. Saint Bridget
16. Theodora of Byzantium
17. Hrosvitha
18. Trotula of Salerno
19. Eleanor of Aquitaine
20. Hildegard of Bingen
21. Petronilla de Meath
22. Christine de Pisan
23. Isabella d’Este
24. Elizabeth I of England
25. Artemisia Gentileschi
26. Anna van Schurman
Wing III: From the American to the Women’s Revolution
27. Anne Hutchinson
28. Sacajawea
29. Caroline Herschel
30. Mary Wollstonecraft
31. Sojourner Truth
32. Susan B. Anthony
33. Elizabeth Blackwell
34. Emily Dickinson
35. Ethel Smyth
36. Margaret Sanger
37. Natalie Barney
38. Virginia Woolf
39. Georgia O’Keeffe

Merci Chantal pour le prêt de tes nombreux bouquins, je suis en train de m’éclater, et je persiste nous n’avons rien inventé …..

Exposition à Londres en 1985 (1er mars au 26 mai)

Madeleine Colaço

Madeleine Colaço est française, naturalisée brésilienne, elle naît à Tanger en 1907 de parents franco-américains. Mariée en 1928 à l’écrivain portugais Ribeiro Colaço, le couple émigre au Brésil en 1940 pour fuir la dictature de Salazar. Elle étudiait l’art de la tapisserie et inventa un nouveau point de broderie appelé « Point Brésilien » ou « point Samba », qu’elle enregistra à Lausanne (Suisse) au »Centre International de la Tapisserie ancienne et moderne ». Mais c’est le mélange de fils de différentes matière qui fera l’extrème particularité de son oeuvre. La tapisserie naive avait trouvé droit d’asile au Bresil, à la périphérie de Marica à 60 km de Rio, Madeleine y avait installé un atelier pour les femmes et jeunes filles de la région dans les années 70. Les motifs de leurs tapisseries presque brodées à l’instinct, inspirées de la végétation luxuriante du Brésil et du baroque de sa musique et de son architecture, étaient choisies en commun. Ces oeuvres étaient exécutés au point brésilien, pour le fond, au point coulé de Bayeux, au point de tige et pour les encadrements au point portugais. Sans carton, le travail s’effectuait au fur et à mesure de l’organisation de la composition, tous les fils (laine, soie, rayonne, rafi, fibre végétale) étaient posés auprès de l’ouvrage et choisis en fonction du dessin. Madeleine est décédée en décembre 2001

Galerie d’art Jacqueline Bricard à Lourmarin

Revue de Presse – article de France 2 – Culture – La maison des Grenadières par Corinne Jeammet

EXPOSITION MODE
26/06/2008 09:03 par Corinne JEAMMET

Cervières: la maison des Grenadières

Exposition permanente.

Exposition permanente: « L’histoire de la Grenade ». Depuis 1886, les habitantes du canton de Noirétable se transmettent un métier rare et méconnu : celui de brodeuse au fil d’or. Ces brodeuses, appelées localement «grenadière» ont reçu le nom de la broderie qu’elles réalisent en série, à savoir l’emblème de la gendarmerie et des pompiers : «la grenade», une broderie créée par Napoléon 1er représentant la munition en flamme. Ainsi, le mot «grenade» s’est étendu à l’ensemble des broderies faites en fil d’or. On dit ici que les dames «font des grenades». Dans les années 60, on comptait plus de 500 brodeuses sur le canton. Chaque famille avait une brodeuse en son sein. Quelques années plus tard, le marché de la broderie à fil d’or subit la concurrence de la broderie mécanique et les insignes métalliques. Ainsi, seule une dizaine de dames pratiquent ce métier aujourd’hui, répétant les mêmes gestes avec les mêmes outils et toujours à domicile. Dans l’ombre, elles créent les écussons des représentants de l’Etat français, de maisons de haute couture… au moyen de fils d’or ou d’argent. L’une des réalisations les plus remarquables demeure l’habit vert des membres de l’Académie française brodé tout en fil de soie. La broderie a fortement marqué le quotidien des habitants de ce canton rural des monts du Forez. Elle appartient à la mémoire collective. Cette activité secondaire, réservée aux femmes, générant un revenu d’appoint primordial, fait partie de l’histoire locale. Mais les grenades appartiennent aussi à ces prestigieuses fabrications artistiques que renferme la France. Pour cela, la brodeuse est dotée d’un savoir faire inégalable, d’une incroyable dextérité et d’un sens aiguë de l’esthétique.

La Maison des Grenadières 424 Cervières. Tél : 04.77.24.98.71.

Je ne puis que vous conseiller le site de France 2 Culture, un merveilleux référencement, des arts textiles français.

Ma dame à la licorne

« Il n’est d’homme qui puisse écrire ni raconter la valeur, la beauté, la noblesse de ces tissus. »

Cri d’admiration exprimé en l’an 1400 par un bourgeois d’Arles, Bertrand Boisset, devant un chef d’oeuvre de tapisserie française « La tenture de l’Apocalypse » alors exposée momentanément lors des fêtes du mariage de Louis II, duc d’Anjou et conte de Provence, frère du roi Charle V, avec la belle Yolande d’Aragon.

C’est la même admiration qui m’a saisie, à chaque fois que je me suis assise dans la salle circulaire du musée de Cluny, à Paris, devant ma dame à la licorne, pourquoi ma dame, parce que mes horaires ne concordaient pas avec ceux de la foule de touristes, et que je m’asseyais souvent seule, encerclée, envahie, habitée par une histoire vieille de cinq siècles. Qu’est ce que j’ai pu vous poser comme questions, vous devez vous en souvenir encore, ma dame à la licorne.

Les six pièces représent les cinq sens, et la dernière porte ces mots « A mon seul désir », le thème de la licorne, symbole de pureté, se retrouve dans chacune des tapisseries. L’oeuvre porte les armoiries de la famille Le Viste. Les historiens n’ont jamais réussi à en identifier l’origine, ni le lieu de fabrication.

Georges Sand a évoqué huit pièces, il n’en reste que six, les deux pièces manquantes auraient servi de couverture pour charette.

Diverses théories ont été échafaudées, dont celle d’André Arnaud qui y consacre tout un site, celle de Georges Sand, ou de Prosper Mérimée.

Moi, j’aime imaginer qu’un homme était fou d’amour, pour sa dame, et qui lui a offert le souvenir de cet amour, et que les deux pièces manquantes sont une représentation de leur amour physique (magique), immolées par la morale religieuse, en des temps d’obscurantisme destructeur.

Je suis tant restée à vos côtés ma dame, me confiant à vous, vous enviant même cet amour éternel, et scrutant chacune de vos fleurs, chacun de vos animaux, en découvrant d’autres à chaque visite que souvent je me suis sentie imprégnée de votre âme, de votre calme, de votre sensualité et de votre sérénité, baignée par un champ de mille-fleurs.

Voilà comment, une jeune femme célibataire et seule dans Paris, passait ses après midi de libre, c’était il y a de celà quelques années, mais pas tant que ça.

Le toucher

La salle circulaire du musée,
La tapisserie est grandiose et envoutante vous ne trouvez pas ?
On se sent si minuscule auprès d’elle.